François Mitterand : 10 ans déjà...

Publié le par Solidarités et Libertés

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Nous avons tous célébrés le dixième anniversaire du décès de François Mitterand. Quoi qu'on ait pu en penser ou en dire, c'était un bon Président. En tout cas, les sondages montrent bien que les Français n'en restent toujours pas indifférents et qu'ils gardent de cet Homme un bon souvenir et un bilan plutôt positif. François Mitterand est le Président de la 5ème République qui aura le plus marqué son temps et devant même le Général de Gaulle. C'est d'ailleurs assez légitime. Nous ne connaitrons, peut-être pas, un dirigeant de sa stature et de sa force avant longtemps.

En effet, François Mitterand, c'est l'Homme de l'abolition de la peine de mort, de la recrudescence des radios libres, des libertés individuelles, des 39 heures et de la cinquième semaine de congés payés et surtout de la Construction Européenne...

Mais, c'est aussi l'Homme qui a bouleversé et qui a fait revivre la Gauche en son temps.

Le souci, est qu'il l'a fait revivre au service d'une Gauche Etatique, centralisatrice voire Jacobine, et très liée avec le Parti Communiste Français.  En témoigne les deux premières années du Gouvernement Mauroy, qui étaient basées sur la relance par la Consommation, par les nationalisations massives et par le recours au protectionnisme. C'était sensé réduire le chômage et atténuer la crise de l'Epoque. Il en est devenu autrement. C'est la raison pour laquelle la politique de la fameuse "parenthèse libérale" a été lancée. Cependant, elle s'est vite refermée, malgré ce que peuvent en dire les Mélenchon et autres Fabius. Cependant, en 1988, après la nouvelle victoire aux Présidentielles de François Mitterand, un nouvel espoir s'est fait jour. L'arrivée de Michel Rocard à Matignon. On aurait pu croire que le Président avait, enfin, rompu avec sa rancoeur idéologique et personnelle en ce qui concernait ce nouveau Premier Ministre. C'est celui-ci qui a mis en place le RMI, la CSG, pour tenter d'enrayer le déficit déjà abyssal de la Sécu et d'autres réformes visant à relancer l'Economie. De plus, c'est lui qui a tenté de mettre en place une nouvelle alliance pour la Gauche. C'est ce qu'il appellera plus tard, le grand "big-bang" politique. Il s'agit d'une alliance qui va des Communistes vraiment critiques aux centristes de l'UDF en passant par les Socialistes, les Radicaux et les Ecologistes. Mais nous dirons qu'il n'a pas eu le temps de mettre à terme son projet politique, alors qu'il était bien placé dans les côtes de popularité. Après 1991, la Gouvernance Mitterand a commencé à battre de l'aile, malgré les bonnes initiatives de Beregovoy.

En effet, le Traité de Maastricht a été timidement adopté par le Peuple Français, mais il a été adopté. C'est à ce moment précis que la Gauche a commencé à connaître réellement une crise existentielle. Le PS a commencé à se diviser avec la création du MDC par Chevènement qui a ,d'ailleurs, entraîné plusieurs militants Socialistes à quitter le Parti. Mais, les divisions internes se sont fait vraiment sentir entre les Pro-Européens et les Euro-sceptiques. Il en a été de même avec les autres formations politiques de Gauche. Ce problème s'est reproduit à plus forte échelle, à mon sens, treize ans plus tard.

C'est aussi, à partir de 1992-1993, que les idées de successions du Président se sont faites entendre. Et cela a, aussi, contribué, à asséner d'avantage le PS.

Il aurait fallu, à ce moment-là, moderniser le PS et le transformer de façon à ce qu'il suive l'Evolution de la Société. Moderniser le PS nécessitait la reconnaissance de la Concurrence en France et en Europe, de par la Mondialisation qui devenait de plus en plus une réalité et un défi à soulever. Cela voulait dire faire évoluer les idées du PS vers un accompagnement réel de la Mondialisation en terme économique par l'élaboration des Réformes de l'Etat et de nos Instituions, par la Construction nécessaire de l'Europe Politique, Sociale, Environnementale et Economique et par une politique de Régulation Economique et Sociale. En bref, il aurait fallu établir la Transformation du Parti, comme l'ont fait les autres Partis Socialistes Européens. A mon sens, il s'agit, certainement d'une des plus grandes erreurs de l'ère Mitterandienne que d'avoir manqué ce grand rendez-vous. Parce que si nous ne l'avions pas manqué, la Gauche n'en serait pas là et le bilan de la gouvernance Jospin ne serait pas celui-là.

Aujourd'hui, le PS n'est peut-être pas en passe de réitérer l'exploit de François Mitterand. C'est à dire de permettre à la Gauche de reprendre le pouvoir. Certainement que le PS Mitterandien ne correspond peut-être plus aux réalités de nos jours, et que dans l'état actuel des choses, il n'a peut-être plus vraiment d'avenir...

Qu'en pensez-vous ? Esc-ce le cas pour vous ? Dans ce cas, que faire ? L'émergence d'une nouvelle force de Gauche plus réaliste et plus "sociale-démocrate à l'Européenne" peut et doit-elle voir le jour en France aujourd'hui ?

DEVAUX Stéphane

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